Mairie de Bignan

HISTOIRE

Etude normative des toponymes

LES NOMS DE LIEUX DE BIGNAN

Cliquez sur la photo ci-dessous

Personnages

  PIERRE GUILLEMOT 

Pierre Guillemot devant le calvaire de Kervodigan 

 

A partir de 1793 un mouvement insurrectionnel se développe au Nord de la Loire, en Normandie, en Bretagne, dans le Maine et l’Anjou. La Chouannerie est née. Elle oppose les partisans royalistes contre-révolutionnaires aux troupes régulières : les bleus . Pierre Guillemot était fils du meunier de Kerdel à Bignan. C’est là qu’il naquit le 1er novembre 1759. 

En 1793, le 8 septembre, les habitants de Bignan se soulevèrent à la voix de Pierre Guillemot -Il a 34 ans- pour délivrer un prêtre que les bleus emmenaient à Josselin. A partir de ce moment commença une série de combats et de poursuites entre les blancs et les bleus au milieu desquels GUILLEMOT joua un rôle prépondérant qui lui valut le titre de « ROI de BIGNAN ».   Ses principaux faits d’armes sont la prise de Locminé, la défaite du général BRUNE en 1799 et la bataille du Pont du Loc, le 25 janvier 1800. Plus tard ce vaillant chef de partisans sera contraint à l’exil, avec Cadoudal, en Angleterre puis à Jersey. A son retour il fut reconnu, dénoncé et arrêté à Bréluhern en Plaudren. Il sera fusillé à Vannes sur le plateau de la Garenne le 5 janvier 1805.

 

 

 

 

 


 

   L ‘ABBE PIERRE NOURY
 
 L'abbé Noury

Pierre NOURY naît le 15 mai 1743 à Lauzach (Morbihan). Il est excellent élève au Collège St-Yves à Vannes puis entre au séminaire du Mené. Il fut ordonné prêtre en 1767. BIGNAN dépendait alors du doyenné du Porhoët et de la Sénéchaussée de Ploërmel. En 1790,  elle fut érigée en commune et chef-lieu de canton du district de Josselin et eût comme dépendances St Jean-Brévelay, St-Allouestre, et Buléon. 
En 1791, Pierre NOURY, qui est recteur à Bignan et maire de la commune depuis 1790, refusa le serment à la constitution civile du clergé et dès l’année suivante  il dut s’éloigner de son troupeau auquel il adressa de Lisbonne une touchante élégie bretonne qui se chante encore dans nos églises. Il composa aussi une tragédie sur le sacrifice d’Abraham et plusieurs cantiques bretons. 
Epris d’architecture, on lui doit les plans de l’église de Berné, de Guénin, de Guern, la tour de celle de Naizin, de Pluvigner, le porche septentrional de l’église de Carnac et bien sûr, celle de Bignan. La première pierre fut posée le 19 août 1787. 
La construction fut interrompue pendant son exil en Espagne et au Portugal. Napoléon ayant rétabli la paix, l’abbé NOURY rentre en France le 21 décembre 1801, après neuf ans d’absence.  Dès son retour, il jette les bases d’une « maison  de piété et de bienfaisance». Un projet qui lui tient à cœur depuis plusieurs années. 
C’est l’abbé COEFFIC qui achèvera le projet. L’abbé NOURY mourra le 25 juillet 1804 à Vannes où il avait été nommé curé de la paroisse St Pierre. Son corps fut inhumé à Bignan. Depuis 1905, Il repose dans un sarcophage de granit dans l’église paroissiale.

 

 


 


      PERRINE SAMSON

 
Perrine SAMSON 
 

Sur un projet de l’abbé NOURY, le curé de Bignan, l’abbé COEFFIC fonda fin 1834,  une congrégation religieuse sous le nom des « Filles de Jésus », destinée plus spécialement à l’instruction des petites filles. La première Fille de Jésus fut Perrine SAMSON, Sœur Sainte Angèle en religion. Elle s’installa dans une petite maison disparue aujourd’hui et gouverna la congrégation pendant 10 ans. Née à Colpo en 1790, elle mourut à Bignan le 3 septembre 1847 à l’âge de 57 ans. Cet institut approuvé par l’Evêque et l’Etat  a pris de rapides développements et a transféré en 1857  sa maison-mère à Kermaria en Plumelin.

 

 

 

 

 

 

 

 




        YVES LE THIEIS

Yves Le Tyais dit le « THIEIS » est né à Bignan le 7 avril 1761 au moulin de Kerauffret. Séminariste non entré dans les ordres, il organisa en 1794  de concert avec de la Bourdonnaye, Cadoudal, le comte de Silz et Pierre Guillemot, son cousin, les premiers mouvements contre-révolutionnaires de l’armée catholique et royale dans le Morbihan. En 1802, il rejoint Cadoudal en Angleterre. A son retour, il échappera à la trahison de Plaudren. On le surnommait « Jupiter » ou « Bras de fer » ou encore « abbé de Kerauffret ». Par décision royale du 29 octobre 1828, il est inscrit à la dotation royale et militaire de Saint-Louis. Il mourra à 74 ans, le 19 novembre 1835, au château de Beaulieu à Bignan où il exerçait en qualité de garde forestier.

 


 
       PAUL-HENRI LANJUINAIS

Paul Henri Lanjuinais 

 

Né à Paris en 1834, le comte Paul-Henri LANJUINAIS était le petit fils de Jean-Denis Lanjuinais, professeur de droit et avocat rennais qui fit une longue carrière parlementaire.

St-Cyrien, sous-lieutenant de hussards pendant la guerre de Crimée, Paul-Henri Lanjuinais quitta l’armée en 1863 pour passer une licence de droit. Après la guerre de 1870, durant laquelle il reprit du service avec le grade de capitaine, il fut élu maire de Roëze dans la Sarthe, puis de Bignan en 1881 jusqu’en 1916, l’année de sa mort.  A ce second mandat municipal, s’ajoutèrent celui de député de la circonscription de Pontivy, de 1881 à 1914, celui de conseiller général du canton de St Jean-Brévelay, de 1882 à sa mort. Président du Conseil Général du Morbihan de 1901 à 1913, il fut président du groupe monarchiste à la Chambre des députés, au début du siècle. Homme de culture, il présida aussi la société des bibliophiles bretons, ainsi que l’Association bretonne.  Il possédait depuis 1872 à Bignan, le domaine de Kerguéhennec d’une superficie de 1630 hectares. Il s’appliqua à embellir le château et le parc dès son installation. Il mourut à 82 ans, le 2 février 1916 à Bignan.

 

 

 



       

Abbé JOSEPH-MARIE LE BAYON

 

Abbé Job Le Bayon

Abbé Joseph-Marie Le Bayon dit Job Er Glean (1876 à Pluvigner-1935 Colpo) - pionnier de la renaissance du théâtre populaire en langue bretonne, dramaturge et compositeur de chansons populaires comme "Fest Kerhuiton".

Licencié es-lettres, il est ordonné prêtre diocésain en 1900 et nommé à Bignan en 1906. Passionné de théâtre, il assiste à une représentation de la célèbre Passion d'Oberammergau (Bavière). Il décide de se servir du théâtre dans son apostolat et crée, avec l’abbé Buléon entre autres, le Théâtre Populaire de Ste-Anne-d'Auray pour lequel il va écrire et dont il supervisera la troupe constituée d’habitants de Pluvigner et de Bignan en particulier. Au début du 20ème siècle la paroisse de Sainte Anne d’Auray abritait un théâtre pouvant accueillir plus de 2.500 spectateurs. Il s’agissait du théâtre populaire breton voulu par Job Le Bayon et connu jusqu’au Canada. Le théâtre comptait trois scènes dont une centrale et deux latérales. On y jouait des pièces d’inspiration religieuse, mais aussi profane, comme, par exemple une adaptation de Bécassine. Durant cinq années, jusqu’en août 1915, le théâtre de Sainte Anne connut ses heures de gloire et une renommée internationale.

L'abbé Le Bayon est mobilisé en 1914 comme aumônier militaire ; à ce titre il connaîtra les fronts de France et de Salonique, l'occupation en Rhénanie et même l'armée russe blanche à Mourmansk !… La guerre retint Job Le Bayon aux armées jusqu’en 1922, et le marqua si profondément qu’il ne retrouvera jamais son génie originel.

Il fut vicaire à Bignan jusqu’en 1927. Il mourut à Colpo en 1935, laissant en héritage au théâtre morbihannais plus de trente pièces originales marquées du sceau de sa foi et de son appartenance au terroir breton. Le théâtre disparu en 1945 faute d’un repreneur. Job Le Bayon est également très connu pour ses œuvres sur feuilles volantes qui vont du chant en hommage aux morts de la guerre 14-18 à des chansons comiques. Il était titulaire de la Légion d’honneur.

 

Toponymie

Les formes les plus anciennes de BIGNAN, qui soient connues, ne remontent pas au-delà du XVè siècle. On trouve dans les archives des ROHAN : « BINGNEN » en 1421 et « BIGNEN » en 1461. Cette paroisse relevait en effet autrefois du doyenné de PORHOET, fief des seigneurs de ROHAN.
La signification de ce toponyme est obscure. D’anciens y voient un Beg (soit Beg-Hent- soit Beg-nein : bout du chemin ou de Naizin) mais la nasalisation du breton semble s’y opposer.

D’autres le rapprochent des BEIGNON, BIGNAN et BIGNAC des pays Gallo et Taldir ce qui lui donnerait une origine gallo-romaine ou du vieux breton « Bedun » signifiant bouleau qui se dit « Beg Beu » aujourd’hui, on trouve effectivement un lieu-dit,« Le Bézo », qui pourrait le confirmer.

Mais on peut y découvrir aussi à partir du radical « BENN (Benian) » une idée de hauteur et faire le rapprochement avec « PIGN pignein (monter). En effet le bourg est situé sur une hauteur.

Les Celtes ont laissé sur ce territoire plusieurs traces de leur séjour. Au village du Bézo il existe un menhir dans la  bordure d’un champ.

Au nord de Kergonfalz, il y a un tumulus recouvrant un dolmen avec allée coudée. Ce monument est aussi appelé « trou des chouans ».

De l’autre côté de la route, on voit les vestiges d’une très belle allée couverte dirigée presque rigoureusement du nord au sud et ne présentant plus de trace de chambre. On y a découvert en 1888, 24 urnes cinéraires qui ont été malheureusement brisées.

Les Romains sont à leur tour passés dans ce pays. La voie qui va de Vannes à Corseul traverse l’extrémité orientale de la commune. A 1300 m au nord du bourg, près des hameaux du Petit Clézio et Kerviguéno, on voyait d’énormes talus accompagnés de douves profondes, qui semblent être les restes d’un camp romain.

Les Bretons sont arrivés dans ces parages au VIè  siècle et y ont maintenu leur langue jusqu’à nos jours. Presque tous les noms de village sont bretons. Suivant la tradition locale, c’est dans ce pays que s’établit Sainte NOYALE. C’est au village du Bézo qu’elle fut décapitée par le cruel NIZAN. Il faut reconnaître toutefois que Noyal-Pontivy prétend avoir donné réellement asile à la sainte. Pour concilier les deux versions le peuple affirme, sans broncher, que la sainte martyre a porté elle-même sa tête, entre ses mains, du Bézo à Noyal.

Bignan a pour patrons Saint Pierre et Saint Paul ce qui, joint à l’étendue du territoire, indique généralement une paroisse d’origine ancienne.

Au Xè siècle les Normands ont peut-être  poussé leurs ravages jusqu’ici mais on ne possède à cet égard aucun indice.

Après les croisades, la tradition locale place au bourg de BIGNAN des Moines routes ou Templiers. Malheureusement, les Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem, leurs héritiers en Bretagne, n’ont jamais rien possédé à BIGNAN. Et ce fait capital suffit pour rendre au moins suspecte la tradition précitée.

Au point de vue féodal, BIGNAN faisait partie de la vicomté de Porhoët puis celle de Rohan. On trouve en 1252 un Guillaume de Bignan mêlé à la fondation de l’abbaye de Prières et en 1278 un autre Guillaume de Bignan, propriétaire à Muzillac. Bignan forma d’assez bonne heure une petite vicomté possédée successivement par les familles de Trébimoël, de Molac, de la Chapelle, de Rosmadec et de Rohan-Chabot. Des seigneuries particulières de la paroisse, seule Kerguéhennec détenait haute justice